Formations cliniques du Champ lacanien

Collèges de Clinique Psychanalytique

Journées et stages

Journées

Demi-journée d'accueil et après-midi d'ouverture du collège

La demi-journée d’accueil des participants se déroulera le samedi 12 octobre 2019 de 9h30 à 12h30.

L’après-midi d’ouverture du collège se déroulera le samedi 12 octobre 2019 de 14h à 18h.

  • De 9h30 à 12h30 puis de 14h à 18h
  • 12 octobre.
  • au local de l'EPFCL - 118 rue d'Assas, 75006 Paris
    ou un autre lieu à proximité

Journée de clôture du collège

  • De 14h à 18h00
  • 13 juin.
  • au local de l'EPFCL - 118 rue d'Assas, 75006 Paris
    ou un autre lieu à proximité

Journée nationale, à Aix-en-Provence

Organisée par le CCP du Sud-Est

Cette Journée a lieu comme chaque année au printemps. Elle permet de présenter des travaux de l'ensemble des Collèges.

La réunion des enseignants aura lieu le lendemain matin.

  • 9h30 - 18h30
  • 21 mars.
  • Aix-en-Provence

Stages

Les stages du Collège de clinique psychanalytique de Paris permettent d’aborder de façon resserrée une problématique clinique précise grâce à des exposés et des discussions avec les enseignants du Collège.

Les publics concernés par ces stages sont tous travailleurs de la santé mentale. Le Collège s’adresse aux personnes qui, quel que soit le cadre de leur pratique, veulent se donner les outils épistémiques de la psychanalyse susceptibles de les orienter dans la clinique.

Les objectifs du stage : l’acquisition, l’entretien et le perfectionnement des connaissances.

Méthode pédagogique : enseignement théorique, études de cas, débats.

Stage : « Transfert et institutions »

Responsable : Armando Cote et Irène Tu Ton

C’est une constante depuis l’invention de la psychanalyse : les psychanalystes travaillent dans les institutions. Leur présence n’est pas sans effet. Il s’agira de revenir, pour chaque institution, sur la manière dont le transfert et la place de l’analyste se déterminent. Certains se disent « d’orientation » analytique, d’autres « d’inspiration » ou encore de « référence » à la psychanalyse. Cette difficulté de nomination montre bien le caractère subversif de l’analyste en institution.

La psychanalyse est présente dans les institutions spécialisées sous différentes modalités : cures individuelles, référence théorique, grille de lecture des manifestations pathologiques, corpus à transmettre, formation du personnel, supervisions, ou analyse des pratiques, réunions cliniques. Pour une orientation dans un travail institutionnel en équipe pluridisciplinaire, parfois de façon méconnue, elle oriente le travail social et thérapeutique dans la multiplicité de ses pratiques.

La psychanalyse a réussi à une époque à trouver une place dans les institutions. Elles sont devenues plus humaines, grâce notamment à la prise en compte du transfert, de la relation transférentielle dans la durée. La notion de continuité dans les soins avait un poids assez fort autour de cette idée. Un mouvement de psychothérapie institutionnelle a tenté d’organiser le travail afin de tenir compte des effets de transfert et contre-transfert dans le travail institutionnel. Des expériences très innovantes sous le couvert de la psychanalyse ont vu le jour, toujours en questionnant les mouvements de standardisation ambiants.

Notre époque nous propose de nouveaux défis, celle où la psychanalyse avait sa place est révolue. Les institutions orientées par le discours analytique et où la question du transfert est centrale, sont devenues rares. Lors de ce stage, nous aborderons des points de vue à travers différentes institutions (Centre médico-psychologique, hôpitaux, associations, établissement scolaire, etc.) et fonctions dans l’institution, telles que chef de pôle, psychologues, psychiatres, etc. Chacun essaiera d’éclairer la manière dont il tente de rester « perméable à la parole authentique de l’autre  » malgré les demandes et les contraintes institutionnelles. Rien n’est acquis pour l’analyste, il s’agit à chaque fois de trouver sa place. Pas d’initiation donc, ni de fin de formation, il est en constante formation, chaque situation est l’occasion de recommencer, de se remettre en question et de vaincre ses résistances..

C’est autour de cette exigence éthique que nous allons tenter de marquer les différences entre la pratique institutionnelle et la pratique privée. Il est nécessaire d’expliquer des positions telles que la remise en question permanente des identifications qui se jouent dans les groupes. Au fond, nous savons que la question est celle de la subversion des identifications. En effet, l’analyste s’intéresse davantage à ce qui divise les sujets qu’à ce qui les unit et les affirme. L’orientation analytique va à contre-courant des idéaux qui visent la suggestion et le contrôle. Comment faisons-nous pour garder cette position éthique dans les institutions aujourd’hui ? Nous pouvons constater que notre époque cherche plutôt à précariser le travail et faire des économies tout en contrôlant nos actions..

Stage : « L'enfant et l'école »

Responsables : Martine Menès et Frédéric Pellion

La loi sur l’instruction obligatoire du 28 mars 1882, puis la délégation généralisée de cette obligation à l’institution scolaire, ont introduit un tiers inédit dans le groupe familial.

À compter de la rentrée 2019, ce tiers interviendra par ailleurs dès l’âge de 3 ans.

La rencontre de l’enfant et de ses parents avec ce partenaire imposé occasionne parfois, de part et d’autre, incompréhensions, chagrins, voire ressentiments, auxquels les divers professionnels partie prenante pallient en piochant ça et là dans le répertoire, aussi vaste que fragmenté, des dites « sciences de l’éducation ».

Pour leur part, les cliniciens de l’enfance sont confrontés tous les jours aux effets subjectifs de cette rencontre.

Un certain nombre d’entre eux, informés de la psychanalyse, y reconnaissent certaines formes typiques de la « névrose infantile », voire de la névrose de transfert.

Il n’est donc pas inutile d’actualiser nos conceptions cliniques de cette rencontre programmée, mais pas si simple, et de ce qui peut conduire certains jeunes sujets à y objecter, voire à la refuser.

En tenant compte, par exemple, des effets conjugués de la science et de la technologie sur le statut du savoir, impacts qui ont leur incidence sur la structure, voire la topologie, du « monde réel » « dans » lequel se plongera le « regard au dehors » du lycéen freudien .

Les divers intervenants, parisiens et provinciaux, enseignants ou non des Formations Cliniques du Champ lacanien, informeront, chacun à sa manière, sur l’état des discours qui cernent le rapport au savoir et aux apprentissages, et exposeront les conséquences qu’ils tirent de ce qui précède, comme de l’expérience qu’ils ont de la rencontre à la fois universelle mais singulière de l’enfant et de l’école.

Stage : « Psychose et amour »

Responsables : Jean-Jacques Gorog et Mireille Scemama

La question de l’amour est une question toujours actuelle quant à son statut dans la psychose depuis que Clérambault a décrit l’érotomanie délirante. C’est une référence majeure de Lacan chaque fois qu’il évoque la psychose, qu’il s’agisse des cas de référence que sont Schreber ou Joyce, ou d’autres cas moins développés. Chaque fois la question de l’amour occupe une place privilégiée, et la clinique nous confirme qu’on ne peut régler cette question trop simplement sans examiner la position de chaque sujet, psychotique, face au problème que lui pose l’amour. Ceci va jusqu’à cet énigmatique affirmation de Lacan que, dans la psychose, l’amour serait un amour mort.

En réalité on peut penser que s’y déploie la même alternative qu’entre amour narcissique et amour de transfert chez Freud, entre la névrose narcissique, qui veut dire psychose pour lui, et la névrose de transfert que le névrosé construit dans l’analyse.

Et ensuite, face au problème posé à chaque sujet par la fonction « amour », quelles sont les difficultés qui se présentent au psychanalyste et comment il choisira d’y répondre ? Des exemples permettront d’assurer la différence du statut de l’érotomanie en fonction de la singularité des cas.

L’amour, quoiqu’il en soit, est toujours au cœur de ce qui spécifie la psychose.

Stage associé : « La clinique analytique : changements et inventions »

Responsable : Anita Izcovich

Qu'est-ce qui opère dans la clinique ? Qu'est-ce qui fait qu'un sujet change ?

Dans un contexte où les thérapies se veulent parfois brèves et efficaces, on sait que l'efficacité ne peut se corréler à une temporalité qui serait celle de la rapidité. En effet, dans la clinique analytique, il faut le temps pour que l'élaboration se fasse. On se rappellera comment Freud a abandonné la suggestion propre à l'hypnose pour déchiffrer les hiéroglyphes du symptôme à travers les différentes couches de l'inconscient, des plus superficielles aux plus profondes.

Nous mettrons donc au travail ce qui, dans la clinique analytique, produit des changements chez le sujet ainsi que l'invention d'un savoir nouveau. C'est en mettant en rapport les concepts théoriques avec des cas cliniques que nous éclairerons la singularité du sujet dans son invention.

Il s'agira d'étudier à la fois ce qui est en jeu dans les circuits du désir propres à la construction du sujet et ce qui est mobilisé dans une cure.

On remarquera que les termes qui évoquent les changements sont nombreux dans la littérature analytique, notamment chez Lacan. Nous développerons comment le stade du miroir est à entendre comme une transformation produite chez le sujet, dans des points de « bascule », de précipitation de l'insuffisance à l'anticipation. Nous verrons comment le nœud du désir et de la demande est à saisir dans une boucle « rétroactive » dans le graphe du désir, et comment la fonction du père intervient comme « pivot » dans une dialectique, introduisant la notion de « virage » entre être et avoir le phallus. L'économie du désir se situe donc à la fois comme support et point de butée, sur une « plaque tournante », à un « point carrefour », pour opérer des « renversements » dialectiques. Nous étudierons donc ces changements qui opèrent dans la construction du sujet en les éclairant à partir de vignettes cliniques dans les structures de la névrose, la psychose et la perversion.

Concernant ce qui opère dans la cure, on se demandera quelle est la nature des changements qui vont bien au-delà des symptômes dont le sujet veut se défaire. Il s'agira de saisir jusqu'à quel point les changements sont transitoires ou définitifs, sachant qu'avec le franchissement, il n'y a pas de retour en arrière. La « métamorphose » du sujet est de l'ordre de ce qui se produit, ce qui est éprouvé et qui n'est pas saisissable juste par la parole. Nous développerons comment ce qui change est de l'ordre de l'effet produit entre deux signifiants, entre l'énoncé et l'énonciation, dans ce qui s'articule d'un avant et d'un après. C'est le dire qui change le sujet et qui trouve son efficace de l'équivoque, de la coupure. C'est sur cette frontière entre savoir et jouissance qu'il s'agira non seulement de faire parler le symptôme mais de produire un savoir nouveau, inédit, soit une invention propre à la singularité de chaque cas.

Stage associé : « La clinique analytique,"une thérapeutique pas comme les autres" »

Responsable : Anita Izcovich

Ce stage s’adresse à la fois aux cliniciens et aux professionnels qui sont confrontés à une clinique du discours. Nous partirons d’une question posée par Lacan, « Qu’est-ce que la clinique analytique ? C’est ce qu’on dit dans une psychanalyse

Ce stage s’adresse à la fois aux cliniciens et aux professionnels qui sont confrontés à une clinique du discours. Nous partirons d’une question posée par Lacan, « Qu’est-ce que la clinique analytique ? C’est ce qu’on dit dans une psychanalyse », que nous concevrons également de façon plus large, c’est-à-dire dans ce qui se dit pour tout professionnel qui accueille les discours.

Qu’est-ce qui permet de définir la spécificité de la clinique analytique, quelle est sa place dans le contexte actuel ? Quelles sont les nouvelles formes de la demande qui s’adressent aux professionnels, comment y répondent-ils ?

Nous interrogerons la fonction et l’usage des entretiens préliminaires. Quels sont les pouvoirs de la parole, quels sont les effets de vérité sur le désir ? Nous mettrons au travail les points de butée et les impasses qui peuvent se présenter et quelles en sont les issues.

Il s’agira donc d’étudier ce qui est en jeu dans les circuits propres au désir du sujet et ce qui est mobilisé dans une cure. Nous mettrons en rapport les concepts théoriques avec les cas cliniques pour éclairer la singularité du sujet dans ses élaborations. Nous nous référerons à la théorie de Freud qui a établi les fondements des règles analytiques, et à celle de Lacan qui a situé l’analyse comme « une thérapeutique pas comme les autres » et la cure comme ayant « des pouvoirs spéciaux ».

Nous établirons tout d’abord la différence entre d’une part l’articulation du symptôme à partir des retours de la répétition dans la névrose, et d’autre part les retours du réel du fait de la forclusion du symbolique dans la psychose.

Il s’agira ensuite de développer le rapport entre le symptôme et la construction du fantasme ainsi que sa mise en jeu dans la cure. Qu’est-ce qui constitue le support pour que le sujet puisse se soutenir dans son désir évanouissant, qu’est-ce qui fait tenir et habille son image ? Qu’y a- t-il de béant au centre du désir au-delà de ses paradoxes et de son nœud à la loi ? En quoi le sujet est-il arrêté devant ce qui ne peut se nommer du désir radical ?

Nous développerons, à partir de cas cliniques, comment l’élaboration analytique permet d’articuler les ravages ou les impasses de l’amour, au-delà de ses leurres, dans le rapport à l’autre sexe. Cela nous amènera au concept de jouissance qui peut être fixée à sa dimension d’inutilité dans la psychose ou qui peut condescendre au désir dans la névrose. C’est ce qui nous conduira à interroger la clinique différentielle du choix du sexe et comment l’élaboration singulière de la cure lui donne une orientation.

C’est ce qui nous amènera à saisir ce qui est en jeu dans le parcours analytique, s’il conduit à la construction du fantasme arrêtée dans la métaphorisation ou à l’élaboration de suppléances. Quelles sont les différentes conclusions qu’on peut donner à la cure analytique, comment saisir le moment où elle s’arrête, s’agit-il d’une véritable fin ou d’un arrêt dû à des résistances ? En quoi la cure a-t-elle permis de toucher la séparation d’avec le désir de l'Autre ?

C’est donc à partir de ces outils théoriques et de l’étude de cas cliniques que nous étudierons ces questions qui se posent pour le clinicien dans son savoir-faire dans la cure et pour les professionnels qui prennent appui sur la théorie analytique pour s’orienter dans leur pratique.